Je vous renvoie vers le blog de Margot. La demoiselle raconte, dans un billet qui vaut par la qualité d'écriture, son expérience de la danse classique, avec le regard de la femme bisexuelle qu'elle est devenue. Son anecdote remonte à un âge où ses expériences innocentes nourriront la sexualité de l'adulte qu'elle sera.
Voici un large extrait des "Premiers émois entre filles" de Margot:
"... Je devais avoir 6 ou 7 ans. Ma meilleure amie de l'époque faisait de la danse, tandis que j'avais
choisi le patin a glace. Comme elle ne pouvait pas me rejoindre à la patinoire, j'avais decidé de troquer les patins pour les chaussons. Après tout, dans les deux cas, le but était d'être
gacieuse en musique !
Nous étions une quinzaine de petites filles, apprêtées comme des princesses, à faire nos exercices de souplesse au sol et a la barre. Nos corps étaient si jeunes, si menus, si élastiques, qu'ils semblaient êre en pâte à modeler. Nous écartions les jambes, les levions et les jetions avec tellement de légèreté, que c'en était presque irréaliste. Nous piaillions énormément, bien sûr, et ces bavardages nous rapprochaient, au sens propre comme au figuré : dans les vestiaires, nous n'avions aucune gêne à nous effleurer ou à nous câliner, sous prétexte de réconforter ou de féliciter une copine, ou encore de l'aider à mettre ou ôter son justaucorps. Ces petits corps si chauds, si lisses, si féminins, déjà, captaient mon attention. J'aimais beaucoup leur contact et je ne me gênais pas pour en faire de même. Je ne sais pas si mes camarades étaient tout à fait innocentes ou non, mais dans mon esprit, ces instants de tendresse entre filles étaient bien plus plaisants que la danse en elle-même !
En cours, devant ce grand miroir que nous fixions toutes, j'étais fascinée par la nuque si frêle de mon amie ou une mêche de ses cheveux châtains qui dansait au rythme de ses petits sauts... J'étais hypnotisée par mes camarades, mais aussi par notre professeur, une jeune femme dans la vingtaine qui donnait des cours en marge de son métier de danseuse. En dehors de ma famille, c'était la seule grande personne que je côtoyais vraiment. J'aimais particulièrement les moments où elle resserrait mon chignon sur ma tête. Je ressens encore les frissons qui parcouraient mon dos dans ces moments là. Elle affirmait toujours que mes longs cheveux noirs étaient superbes... et je disais toujours à ma maman de ne pas trop serrer mon chignon, dans l'espoir de me retrouver assise sur les genoux de "Mademoiselle", abandonnée entre ses mains douces. Leur contact me provoquait un plaisir plus maternel qu'avec mes petites camarades et si cela m'efftayait, je n'aurais raté une occasion pour rien au monde : elle lissait mes cheveux avec ses ongles, me massait parfois le crâne et je fermais les yeux pour apprécier la caresse. Elle finissait par nouer mes crins bien haut perchés. Je sautais de ses genoux pour aller retrouver mes camarades, toute fière d'accaparer l'attention de notre professeure durant cet instant...
...Le summum fut lors de la représentation de fin d'année. Nous avions de superbes tutus tous neufs, tous froufroutants. Toutes surexcitées que nous étions a l'idée de nous produire sur scène, devant nos parents, nous faisions les folles en coulisses, en attendant de passer entre les mains des coiffeusses et des maquilleuses.
Une fois toutes prêtes, notre "Mademoiselle" est venue nous passer en revue. Finalement, nous avons dû enlever nos culottes de dessous nos collants parce qu'elles épaisissaient nos fesses, déjà recouvertes de plusieurs couches de tulle. J'ai longtemps hésité et protesté avant de m'exécuter, car l'on m'avait toujours appris qu'une petite fille ne devait ni enlever sa culotte, ni la montrer à qui que ce soit, hormis papa-maman.
Cet instant m'a beaucoup marqué pour deux raisons. D'abord la trangression d'un interdit que j'avais parfaitement enregistré ; la seconde, car j'ai pu admirer une ribambelle de popotins parfaitement nus ! :) Les autres filles étaient bien peu pudiques et n'avaient aucune honte à retirer leur culotte, sautiller dans tous les sens, remettre leur collant et finalement réajuster leur tutu. Je crois que c'est la première et seule fois de ma vie ou j'ai vu autant de sexes tous nus ! C'est aussi l'une des fois où j'ai été le plus genée de ma vie, parce que je devais ôter le dernier rempart de ma pudeur (à l'epoque...) et parce que des dizaines de culs nus se baladaient sans honte devant moi.
Nous avons donc dansé cul nu sous nos tutus et cette image reste pour moi l'une des plus érotiques qui m'a été donné de voir. Imaginez donc, quinze fillettes sans culotte, dont au moins une éprouve quelques sentiments a à l'égard de ses copines...
Je n'ai plus jamais repensé a "Mademoiselle" de la même manière après cet événement..."
Ce texte m'a intéressé car j'y trouve un écho à ma propre histoire. Garçon , j'ai également vécu des moments troubles qui, loin d'être des expériences érotiques, semblent expliquer mes fantasmes de maintenant. Je repense plus particulièrement à ce cours de gym où j'ai posé un nouveau regard sur les filles, ces créatures si étranges alors. Je ne comprenais pas mon étonnement face à ces êtres mystérieux, ni ma fascination illogique pour certaines tenues qu'elles portaient. J'ai encore en mémoire les ballerines noires, le collant vert en laine et le cache-coeur gris d'une brunette de ma classe. Pour la couleur des yeux, point de souvenir. Je les imagine d'un noir profond ou d'un intense bleu verre d'eau. C'était il y a longtemps.
La version complète du billet, avec les commentaires, est ici. Je vous invite à lire le post jusqu'à la fin. Margot y précise, comme je tiens à le faire ici par prudence ainsi que par conviction, que l'histoire relate des impressions d'enfants avec des commentaires d'adultes.
(Photo d'illustration non tirée du blog de Margot)




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